Native Girl Syndrome

  • Saison 2015-2016

Native Girl Syndrome

Lara Kramer Danse

Ce spectacle n’est ni de la danse, ni du théâtre : c’est de la vie. C’est la raison pour laquelle le travail de Lara Kramer trouve sa place à Espace Libre. Lara Kramer dresse, sans ménagement, le portrait des femmes autochtones itinérantes. S’inspirant de la vie de sa grand-mère, qui, jeune femme, émigra de la réserve du Lac Seul, en Ontario, à un environnement urbain et inconnu, l’artiste et ses interprètes nous entraînent dans une odyssée qui explore, sans paroles, les corps abîmés de deux femmes errant dans la ville. Elles vous regardent droit dans les  yeux.

Lara Kramer travaille avec ce qu’elle a dans le ventre, avec le sentiment de vide qui s’y trouve. Elle comble ce vide avec des sons poétiques, du mouvement, de la respiration, de la transpiration et de la chaleur. Troublant de vérité, nécessaire et utile, ce «  city trip  », qui a été présenté au OFFTA, vous mènera hors des sentiers battus et vous fera découvrir des petits coins de « paradis » bien de chez nous !

 Ce spectacle sans paroles est présenté au Studio Espace Libre.

Les représentations des jeudis 10 et 17 mars seront suivies d'une discussion. 

En finalisant l'achat de votre billet pour Native Girl Syndrome, il vous sera possible de faire un don à La rue des Femmes, un organisme qui vient en aide aux femmes en état d’itinérance.

CONTACT
Philippe Bergeron, chez Karine Cousineau Communications
(514) 382-4844
philippe@karinecousineaucommunications.com

10mars > 19mars
Horaire et durée
Horaire:
Du mardi au samedi à 19h30.

Crédits

  • Production
    Lara Kramer Danse
  • Chorégraphie et scénographie
    Lara Kramer
  • Interprétation et collaboration
    Angie Cheng et Karina Iraola
  • Conception
    Paul Chambers (lumières), Patricia Iraola et Cris Derksen (collaborations artistiques), David Pressault (mentorat), Maria Simone (répétition)

Journal de création

Le journal de création est un espace en mutation. Au fil des semaines, il sera nourri par les artistes qui y documenteront leur démarche. Vous aurez un accès privilégié à leurs inspirations, ce qui vous laissera assurément un petit goût de revenez-y!

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La compagnie

Lara Kramer Danse

Lara Kramer Danse est une compagnie de danse située à Montréal qui soutient la recherche, la création et la production des chorégraphies de Lara Kramer. Fondée en 2012, la compagnie a été invitée à se produire dans des festivals à Montréal, Ottawa, Toronto, Edmonton, Regina et Vancouver.
Les créations de Kramer sont intimement liées à la mémoire et à ses racines autochtones. Travaillant avec des images et des récits forts, elle pousse la force et la fragilité de l’esprit humain. Son travail, politiquement engagé, est puissant et examine souvent les problèmes politiques entourant le Canada et les Peuples des Premières Nations. Lara Kramer a été reconnue comme Human Rights Advocate au Centre commémoratif de l’Holocauste a Montréal.

Inspiration, Processus

Quelques questions posées à Lara Kramer

Entretien avec Lara Kramer (extraits)

Par Christian Saint-Pierre*

- Qu’est-ce qui vous a incitée à consacrer un spectacle à la rue? Les gens qu’on y rencontre? Leur situation affective et psychologique? Les enjeux de société que cela soulève?

La motivation de base pour ce travail provient de ma grand-mère qui a vécu l’expérience de la rue. Je me suis immergée dans son monde pour comprendre les effets des pensionnats autochtones : la perte des enfants, la dépendance, la domination culturelle, le cycle de la violence… C’est très compliqué. Il y a une quantité disproportionnée de femmes des Premières Nations, sans-abris, aux prises avec la dépendance, la perte de leurs enfants à un système occidentalisé, et devant faire face aux conséquences du traumatisme des pensionnats. Je parle d’une partie du génocide culturel dans notre pays, qui est là sous nos yeux.

My initial motivation for this work came from my grandmother’s history/experience of street life. For me it was a personal investigation into her world, understanding the effects of the Indian residential schools, loss of children, addiction, culturally bias systems, cycle of abuse… It’s complex. There are a disproportionate amount of First Nation women homeless, dealing with addiction, loss of children to eurocentric systems, dealing with the aftermath of Rez schools trauma… I am addressing something that is present, a part of a cultural genocide in our country.  […]

- Les deux personnages de la pièce s’abiment dans la drogue. Quel regard jetez-vous sur la toxicomanie des femmes itinérantes? Comment les phénomènes de dissociation et d’aliénation s’incarnent-ils en termes chorégraphiques?

Les deux personnages sont issus d’un travail de collaboration. J’ai alimenté les interprètes en histoires, anecdotes, recherches et entrevues sur la culture de la rue et sur la dépendance, provenant de membres de ma famille ou d’amis. Je leur ai fait explorer les textures, les sensations, les odeurs de la rue pour qu’elles internalisent l’état, la relation de dépendance. Garder ces personnages vivants, c’est très exigeant physiologiquement et ça demande aux artistes un grand investissement. La dissociation témoigne du traumatisme vécu par les personnages tout en étant un symptôme de l’utilisation des drogues. L’aliénation est pour moi plus extérieure : une faiblesse, une maladie de notre culture, de notre société.

It was a collaborative effort in building these two characters. I fed the artists stories, history, research, interviews on street culture and addiction from my family and friends. I had them explore the textures, sensations, smells of the street to embody a state of addiction, internalize a relationship to addiction. Physiologically it’s demanding and a big investment for the artists to keep these characters alive. The dissociation is an indication of the trauma the characters have experienced and an effect of the drug use, need for self-medicating. The alienation I feel is more of an external force, a weakness, a sickness in our culture, society.

* Entretien réalisé pour le site Internet de la Revue JEU et dans le cadre des représentations au OFFTA en mai 2014.

Bande-annonce, Contenu vidéo

Native Girl Syndrome - La bande-annonce

Native Girl Syndrome, une œuvre chorégraphique criante de vérité, est une incursion dans la culture de la rue, une invitation au cœur de la perte, de l’aliénation et des dépendances de ceux qui la peuplent. Lara Kramer est l’une des rares chorégraphes contemporaines québécoises issue des Premières Nations.

Native Girl Syndrome en photos

  • Crédit: Marc J. Chalifoux
  • Crédit: Marc J. Chalifoux
  • Crédit: Marc J. Chalifoux
  • Crédit: Frédéric Chais
Photo

Native Girl Syndrome

Lara Kramer
Crédit photo: David Ospina