Le pain et le vin

  • Saison 2014-2015

Le pain et le vin

Le Nouveau Théâtre Expérimental
Comprendre le passé pour écrire le futur. Dans Le pain et le vin, troisième et ultime volet de cette histoire révélée du Canada français, le NTE plonge à nouveau en notre mémoire pour redonner à lire notre héritage. Après avoir exploré les thèmes du froid et des rivières, on y retrace maintenant l’évolution de nos habitudes alimentaires. Que reste-t-il des pionniers en notre ADN moderne? Ça mange quoi en hiver, un Canadien français?
  • Relations de presse
    Rugicomm
    514.759.0494
23sept. > 11oct.
Horaire et durée
Durée:
1h30

Crédits

  • Production
    Nouveau Théâtre Expérimental
  • Texte
    Alexis Martin
  • Mise en scène
    Daniel Brière
  • Distribution
    Gary Boudreault, Benoit Drouin-Germain, Steve Laplante, Pierre-Antoine Lasnier, Alexis Martin, Dominique Pétin, Danielle Proulx, Marie-Ève Trudel
  • Conception artistique
    Judy Jonker (costumes), Michel Ostaszewski (scénographie), Jean-François Piché (éclairages), Anthony Rozankovic (musique originale)

Mots clés

  • Histoire
  • Humour
  • Musique

Journal de création

Le journal de création est un espace en mutation. Au fil des semaines, il sera nourri par les artistes qui y documenteront leur démarche. Vous aurez un accès privilégié à leurs inspirations, ce qui vous laissera assurément un petit goût de revenez-y!

Tous
Inspiration
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Contexte
Genèse
Bande-annonce
Humeur

La compagnie

Le Nouveau Théâtre Expérimental

Le mandat du Nouveau Théâtre Expérimental est non seulement de faire un théâtre de recherche et de création, mais de réaliser cette démarche d’une façon inusitée, en cherchant continuellement à remettre en cause les conventions et les habitudes ancrées pour retrouver une naïveté et une candeur. Cette cécité volontaire, cette indétermination désirée fait du NTE un espace de liberté unique à Montréal, et qui n’a pas son pareil.

Genèse, Inspiration

Inspiration pour l'écriture et la création de la trilogie historique

Dans les dernières années de sa vie active, mon père, le journaliste Louis Martin, était l’un des rédacteurs du projet télévisuel de Radio-Canada : «Le Canada, une histoire populaire».
Je me souviens d’avoir parler souvent avec lui des prémisses de ce projet : notamment, mon père s’interrogeait sur la façon de traiter l’histoire du continent, mais sans passer par les canaux habituels, en évitant l’historiographie officielle, convenue. Mon père cherchait une façon de raconter de façon concrète l’histoire de cet immense territoire, une forme de récit qui pourrait toucher le public très large de Radio-Canada, tout en restant collée aux faits…

C’est alors qu’il m’a parlé, un soir glacé de novembre dans son bureau à l’étage, l’ancienne chambre qu’un de mes frères et moi avions partagé longtemps; je me souviens qu’il m’a parlé de raconter cette histoire du pays, mais en suivant le fil… des rivières. Il fallait raconter l’histoire du Canada à partir des rivières, disait-il; oui : leur occupation, leur aménagement, leur situation géopolitique. Tout devait pouvoir s’expliquer à travers les cours d’eau, ces voies royales de pénétration dans un pays neuf… du moins pour les Européens ! Plus tard arriveraient le chemin de fer et l’automobile, mais à cette étape, je compris qu’il envisageait une exploration géophysique, un récit inspiré par la géographie comme point de vue déterminant, principal, de l’œuvre.

C’est un peu cette optique que nous avons choisi, Daniel et moi, pour construire la trilogie de «L’histoire révélée du Canada français 1608-1998».
Le premier volet s’articule autour du chauffage (le climat) ; le deuxième comprend les rivières (les voies d’échanges) et le troisième l’alimentation (le corps et le sang). Bien sûr, il ne s’agit jamais d’inventaire ou de parcours exhaustif ; il s’agit au contraire de stimuler l’imagination et la pensée métaphorique, associative. Le spectateur n’est pas convié à une dégustation encyclopédique mais à une élucubration, une fabulation inspirée par un thème précis, où faits avérés, « historiques », et développements intempestifs se mêlent dans un ballet imprévisible !

Alexis MARTIN

Bande-annonce, Humeur

Trouver l'espoir 2 - Le pain et le vin

TROUVER L'ESPOIR
Dans le cadre du lancement de la saison 2014-2015, nous avons posé une question aux créateurs en résidence et en accueil à Espace Libre cette année:

En quoi votre spectacle est-il porteur d'espoir?

Entendez leur réponse, tout au long de la saison...

Réalisation et montage: Vincent Lafrance
Assistance à la réalisation: Laïma A. Gérald

Contexte, Genèse, Inspiration

Texte d'Alexis Martin sur l'histoire versus la fiction

Lacunes, fiction, histoire

La nature lacunaire de l’histoire est la chance de la fiction : c’est dans les blancs de l’histoire, ses trous, que le roman du théâtre peut naître.  Je sais tout ce qu’il y a de grave à vouloir jouer avec cette portée explosive de l’histoire : on ne s’amuse pas impunément avec la « vérité historique » ! Encore faudrait-il la cerner, cette vérité historique! Je peux certes dire avec les historiens que telle bataille a bien eu lieu à Verdun, et que tel homme est bien né en 1964. Cependant, je doute qu’aucun d’eux ne puisse prétendre m’expliquer de façon exhaustive et définitive le pourquoi et le comment de ces événements. L’historien, comme l’écrivain de fiction, est condamné à l’intrigue : bâtir un récit parcellaire autour d’un fait, d’un geste, d’un nom; insérer ce récit dans une série de récits plus longue, qui le dépasse et l’inclut; désigner les suites qu’il promet. C’est ce qui arrive, du moins, quand l’auteur de théâtre choisit un fait ou un personnage historique; il brode lui aussi autour d’un fait avéré. Mais une différence apparaît rapidement : l’auteur de fiction brode avec un sans-gêne épouvantable, sans vergogne, tirant son récit vers la cause de l’art dramatique, parce que pour lui, c’est ce qui est dramatique qui est intéressant. Là où l’historien compose avec prudence, s’appuyant sur des sources, protestant sans cesse de sa neutralité, s’armant d’une variété de points de vue, se réclamant même d’une part de l’esprit scientifique, toutes excuses courantes dans ce domaine, l’auteur de théâtre, lui, avoue d’emblée sa faiblesse, sa maladie : la vérité qu’il cherche n’est pas la vérité historique, mais la vérité de sa propre interrogation (son drame! ).

Alexis Martin
Extrait de la postface de « Transit section 20 suivi de Hitler », Martin Alexis et Ronfard Jean-Pierre, Éditions Boréal, Montréal, 2002.
 

Bibliographie, Inspiration

Bibliographie d'Alexis Martin pour «Le pain et le vin»

Quelques-uns des ouvrages qui ont été consultés pour la rédaction de cette pièce :

Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France, Bernard Audet , GID, Québec, 2001.
Menu quotidien en Nouvelle-France, Hélène-Andrée Bizier, Art Global, Montréal, 2005.
À table en Nouvelle-France : alimentation populaire et grastronomie, Yvon Desloges, Septentrion, Sillery, 2009
Jardins et potagers en Nouvelle-France, Joie de vivre et patrimoine culinaire, Martin Fournier, Septentrion, Sillery, 2004
Histoire des peurs alimentaires, Madeleine de Ferrières, Seuil, Paris, 2002
Chroniques gastronomiques québécoises, Jean-Pierre Lemasson, Del Busso, Montréal, 2012 >
Totem et tabou, S. Freud
Le mangeur hypermoderne, François Ascher, Odile Jacob, Paris, 2005.
Nudités, Giorgio Agamben, Rivages, Paris, 2009.
La Souveraineté, Georges Bataille
Les Hurons-Wendats. Une civilisation méconnue, Presses de l’Université Laval, 1994.
Relations des Jésuites, 1647-1655, Éditions du Jour, Montréal 1972.
La Cuisine raisonnée, c.n.d., Fides, Anjou, 2008.
La jungle, Upton Sinclair, Éd. Gutenberg(352), 2008
L’encyclopédie de la cuisine de Jehane Benoit, Renouveau pédagogique (édition), Ville Saint-Laurent, 1991.
Martyrs du Canada, H. Fouqueray, s.j.
Blessures de mémoire, Michel Schneider. Gallimard, Paris, 1980.
Le rêve de Champlain, David Hackett Fischer, Boréal, Montréal, 2011.
L’Annedda ou l’arbre de vie, Jacques Mathieu, Septentrion, Sillery, 2009.
Dialogues avec un sauvage, Louis Lahontan, Lux, Montréal, 2010.
Histoire des patriotes, Gérard Filteau, Septentrion, Sillery, 2003.
Papineau, discours colligés par Y. Lamonde et C. Larin
Théorie de la signature des plantes, Michel Denizot,  Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, 2006.

Inspiration

Recette du début du siècle

Gibelotte (ou fricassée) d’achigan

Il existe différentes sortes d’achigan dans nos lacs et nos rivières. Les achigans de 2 à 2 ½ lb sont à leur meilleur lorsqu’ils sont grillés ou frits.
Râper 3 pommes de terre moyennes et 3 carottes moyennes.
Dans une casserole, faire fondre 45 ml (3 c. à soupe) de beurre et y mélanger les pommes de terre, les carottes, 1 branche de céleri hachée finement et 1 ou 2 gousses d’ail hachée(s) finement. Couvrir et faire cuire à feu doux pendant dix minutes ou jusqu’à ce que les saveurs soient mélangées. Saler et poivrer. Ajouter du persil au goût.
Bien beurrer un plat un peu profond allant au four et y étendre les légumes dans le fond. Mettre quelques petits achigans sur les légumes et déposer une tranche de bacon sur chaque achigan. Cuire au four à 400 F pendant 20 minutes. Arroser avec le jus d’un citron et poursuivre la cuisson pendant 10 minutes.
Servir.
Inspiration

Quelques images...

  • MP-0000.158.66 | Photographie,diapostive sur verre | Porcs, Ouest canadien, vers 1923 © Musée McCord
  • MP-0000.25.403 | Photographie, diapositive sur verre | Légumes, Fort Vermilion, Alb., vers 1922 © Musée McCord