Faire l'amour

  • Saison 2014-2015

Faire l'amour

Bienvenue aux dames !

Pièce de théâtre documentaire basée sur des histoires véridiques, Faire l'amour parle de la force irrépressible du désir, des amours ratées, de la lumière qui jaillit de la rencontre d’âmes sœurs, de vies cristallisées dans la frustration. Un terrain de jeu exceptionnel, pour mourir de rire, se crisper de douleur et faire éclater la poésie.

«Ça me fait penser à une carte
Où on poserait des points lumineux
Qui représentent toutes les fois où on a fait l’amour» 
— Anne-Marie Olivier, Faire l'amour

Le sexe est intimement lié à la vie. Ici, l’amour jusqu’au bouleversement; là, une séance de sexe olympique; ailleurs, le sexe qui fait mal qu’on endure les poings fermés. Tiré d’histoires véridiques, Faire l’amour, la dernière création de l’auteure Anne-Marie Olivier de Bienvenue aux dames, parle de la force irrépressible du désir, des amours ratées, de la lumière qui jaillit de la rencontre d’âmes sœurs, de vies cristallisées dans la frustration. Après tout, c’est de là d’où vient la vie, non?
 
«Suivant notre désir d’aborder le sexe, on a d’abord fait des essais avec la fiction, mais ça ne marchait pas, on ne retrouvait jamais cette qualité particulière des soirées où l’on se réchauffe autour de nos histoires vraies. Dès lors qu’on a assuré la protection des identités, les gens rencontrés ont commencé à se livrer… et on a récolté tant de petites perles qu’on pourrait en faire plusieurs, des shows sur ce sujet-là.» 
 
 
 
Espace Libre remercie pour leur contribution

Relations de presse
Rugicomm
514.759.0494

19nov. > 29nov.
Horaire et durée
Horaire:
Du 19 au 29 novembre
Du mardi au samedi à 20h
Les 21 et 27 novembre à 19h
Le samedi 29 novembre à 16h et 20h
Durée:
1h25 sans entracte

Crédits

  • Production
    Théâtre Bienvenue aux dames
  • Texte
    Anne-Marie Olivier (à partir d'une cueillette d'histoires vraies)
  • Mise en scène
    Véronique Côté
  • Distribution
    Maryse Lapierre, Eliot Laprise, Anne-Marie Olivier, Nicola-Frank Vachon
  • Conception artistique
    Maude Audet (costumes), Mathieu Campagna (environnement sonore), Christian Fontaine (éclairage) Catherine-Ève Gadoury (recherche et conseil artistique), Claudie Gagnon (scénographie), Marilyn Laflamme (assistance à la mise en scène et régie), Lydia Wagerer (conseil chorégraphique)

     

Mots clés

  • Théâtre documentaire
  • Poésie
  • Sexualité

Journal de création

Le journal de création est un espace en mutation. Au fil des semaines, il sera nourri par les artistes qui y documenteront leur démarche. Vous aurez un accès privilégié à leurs inspirations, ce qui vous laissera assurément un petit goût de revenez-y!

Tous
Bibliographie
Inspiration
Contexte
Bande-annonce
Contenu vidéo
Genèse
Processus

La compagnie

Bienvenue aux dames !

Le Théâtre Bienvenue aux Dames! offre un théâtre de création accessible à tous, intelligent, porteur de sens et d’humanité. La compagnie collabore régulièrement avec des scientifiques, des historiens, des philosophes et des artistes de toutes les disciplines comme la danse, la musique et les arts visuels pour enrichir le processus créateur de ses spectacles.

Contenu vidéo, Genèse, Processus

Faire l'amour - les balbutiements

Pleins feux sur la comédienne, auteure et metteure en scène Anne-Marie Olivier.

La Fabrique culturelle a rencontrée Anne-Marie Olivier, lors de la présentation publique de sa pièce Faire l'amour, alors en processus de création à Québec.
Olivier privilégie cette approche afin de recueillir les commentaires et les réactions du public.

CLIQUEZ ICI POUR VOIR LE VIDÉO

Crédits
Coordination : Marie-Josée Desjardins
Caméra et montage : Jean-Luc Daigle
Remerciements : Le Festival de théâtre de L'Assomption

Contenu vidéo

L'espoir pour Anne-Marie Olivier

TROUVER L'ESPOIR
Dans le cadre du lancement de la saison 2014-2015, nous avons posé une question aux créateurs en résidence et en accueil à Espace Libre cette année:

En quoi votre spectacle est-il porteur d'espoir?

Entendez leur réponse, tout au long de la saison...

Réalisation et montage: Vincent Lafrance
Assistance à la réalisation: Laïma A. Gérald

Bande-annonce

Faire l'amour sur bande-annonce

Vidéo réalisé par Eliot Laprise.

Contexte, Inspiration

Entrevue avec Anne-Marie Olivier, auteure

Propos recueillis par Claire Crova dans le cadre des représentations de Faire l'amour au Théâtre Périscope.

Tout d’abord, d’où est née votre envie de raconter des histoires?
Ce qui m'impressionne, c'est que depuis que l'homme existe, on raconte des histoires. C'est un outil pour dire l'être humain. Je suis fascinée par ça. Petite, j'aimais beaucoup quand ma mère me racontait des histoires. J'aime toutes les formes d'histoires.

Pourquoi avoir choisi le sexe comme sujet principal de la pièce Faire l’amour?
Ce qui nous intéressait, pour Faire l'amour, c'est le fait que nous sommes tous issus du sexe, alors que c'est un sujet encore tabou. Tout le monde fait l'amour, mais cela reste dans les espaces privés; je trouvais donc intéressant d'en parler au théâtre.
C'était plus riche de travailler à partir de la récolte de souvenirs d'autres personnes, car on a pu avoir plusieurs versions de la sexualité, plusieurs sources sensibles. On a eu accès à différentes histoires, sensations, philosophies... Comme c'est un sujet vaste, on a décidé de ne pas parler de déviances sexuelles, car l'idée de départ était de célébrer le sexe. Certains récits sont très brefs, certains sombres et d'autres très ensoleillés. Ceux-là parlent de l'éveil sexuel, quand on s'ouvre au niveau des sensations, quand on découvre l'autre comme on découvre un pays étranger.

Faire l’amour est basé sur des histoires véridiques, sur des souvenirs de différentes personnes. Quelle part d’objectivité et de fiction contient le souvenir? Comment toucher aux souvenirs des autres sans projeter une part de soi?
Je pense que dès qu'on touche à du matériel, on y injecte un peu de nous et de notre histoire. Même quand on fait du théâtre documentaire, la matière est légèrement altérée par la fiction. Cependant, dans ce cas-ci, lorsque la fiction prenait trop de place, elle altérait les histoires qu'on avait reçu. On a donc décidé de les garder intégralement, quitte à ne pas avoir une signature très marquée au niveau de la plume.

Comment avez-vous procédé à la collecte de ces souvenirs? Selon quels critères avez-vous choisi les souvenirs?    
On a fait plusieurs appels dans nos réseaux personnels, sur les réseaux sociaux. Et puis il y a eu des rencontres, des questionnaires. On a demandé aux personnes qui nous ont contactés de parler plus spécifiquement de leurs sensations, de leurs souvenirs, des instants bouleversants tant positivement que négativement. Certains ont pu s'exprimer sur des choses qu'ils n'avaient peut-être jamais révélés à personne. Tous les questionnaires, les rencontres, se sont faits de manière complètement volontaire. Nous nous demandions si cela allait intéresser, mais on a reçu beaucoup d'histoires à explorer...
Durant ce processus de collecte des souvenirs, on s'est rendu compte que certaines perches mordaient plus que d'autres, que certaines histoires nous intéressaient plus. C'est assez mystérieux, le pourquoi de ces coups de cœur. Mais on s'est rendus compte qu'une piste se dégageait des autres, c'est le lien entre Eros et Thanatos, entre pulsion de mort et pulsion de vie. Les histoires qui nous apparaissaient les plus fortes, les plus équilibrées, étaient celles où la mort intervenait dans les récits. On pourrait les résumer ainsi : « aimons-nous puisque tout flambe ». le sexe relèverait donc d'un instinct de survie, de résilience.

Faire l’amour est donc une création qui fait intervenir le concours de plusieurs personnes;  celles qui ont partagé leurs souvenirs, mais aussi les comédiens et la metteure en scène Véronique Côté. C’est une pièce collective, en somme. De quelle manière avez-vous travaillé?   
Exactement. Quand je dis « nous », c'est parce que les acteurs interviennent dans la création en même temps qu'ils sont interprètes. Ça vient de notre formation au Conservatoire de Québec, qui est influencée par l'école de Jacques Lecoq à Paris. C'est l'acteur-créateur qui va éclairer de son expérience les histoires choisies. On avance ensemble de manière organique; chacun intervient dans le processus. La matière est vivante jusqu'au bout, même jusqu'au spectacle, car des choses se passent quand on joue face au public.
On crée donc de manière circulaire et mon rôle est très lié à celui de Véronique Côté. Elle et moi, nous avons joué ensemble dans des créations où le texte se construisait au fur et à mesure. Véronique connaît bien ce processus. Elle a aussi beaucoup d'ouverture, de latitude, de souplesse. C'est aussi une interprète et une auteure; donc on se consulte beaucoup pour certains choix.
La spécificité de Faire l'amour, c'est que nous avons été dépendants des histoires qui étaient à la base de l'écriture. On n’avait pas prévu l'effacement de la plume pour garder intactes les histoires reçues. Quand le langage devenait trop travaillé, on s'éloignait d'une certaine sincérité.
En tant que créatrice, finalement, mon rôle est de faire le meilleur spectacle possible. Il faut rendre le texte vivant, surtout dans cette pièce, se l'approprier pour le public.

Comédienne, auteure, metteure en scène, directrice artistique… votre expérience théâtrale est complète. Pouvez-vous revenir sur votre engagement dans le théâtre?    
Je mets toujours tout en œuvre pour que l'expérience du spectateur soit la plus éloignée de quelque chose de banal ou d'ennuyeux. Je voudrais rendre déterminante cette expérience. Car pour moi, quand le théâtre est bon, ça peut être un outil de transformation, d'éblouissement. Il faut que quelque chose se passe, que ce soit à tous les niveaux; que le spectateur sorte différent du moment où il est entré, avec plus d'envies, d'appétits, de questions. Ou bien tout simplement avec une espèce de chaleur incroyable qui l'a atteint, qu’elle soit thermique, chimique, intellectuelle, philosophique.
J'essaie de tirer des conclusions des expériences moins heureuses. Le théâtre, ça peut être épouvantablement plate... Alors ce qu'on veut faire, c'est aller le plus près possible du bouleversement. Pas pour le bouleversement à tout prix. Mais essayer de toucher, à différents niveaux. J'essaie toujours de me rappeler ce que le théâtre m'a apportée, en tant qu'être humain : de la lumière, du sens. Quand je joue dans une pièce, je donne tout. Quand j'écris, je donne tout aussi.
C'est fait, en tout cas je l'espère, dans le respect et l'humilité, avec de la reconnaissance envers les gens qui décident de dépenser des sous, d'arrêter leur vie pour venir nous voir. Ils sont précieux, il faut en prendre soin.

Bibliographie, Inspiration

Anne-Marie Olivier a lu...

Pierre Langis et Bernard Germain - La sexualité humaine – Éditions du renouveau pédagogique
 
Pascal Quignard - Le Sexe et l'Effroi – Gallimard – 1994
 
Pascal Quignard – La nuit sexuelle – Flammarion – 2007
 
Alexandre Jodorowsky – La danse de la vie – Albin Michel – 2004
 
Michel Onfray – Manifeste Hédoniste – Éditions Autrement – 2011