Imaginez un contretemps, mais anodin. Quelqu’un, en société, brise pendant... (oh, trente secondes?) le fil de la conversation. Imaginez alors que les victimes de son silence se mettent à exprimer la profusion de sentiments, de soupçons, d’images et surtout de sensations surgis durant ces 30 petites secondes. En fait, ils disent ce qu’ils pensent. Tout ce qu’ils pensent et ne disent jamais. Voilà bien la violente menace de ce théâtre qui, en disant tout haut ce que l’on pense tout bas, débusque l’intolérance, le totalitarisme, le terrorisme.
TEXTE
Nathalie Sarraute
MAÎTRISE D’OEUVRE
Jean Asselin