Durant trois semaines, la métropole célèbre le mime dans le monde. Les trois étages d'Espace Libre accueillent Le corps du théâtre : spectacles, ateliers et performances de dix compagnies et d'une trentaine d'artistes venus d'horizons géographiques et esthétiques différents avec, en partage, l'éloquence du corps humain. Au total, une soixantaine de courtes représentations de petites formes conviviales, et quinze grandes formes. Des écoles de pensée et de bougé se confrontent ou se comparent, ainsi que des techniques croisées du cirque, de la marionnette et de la gymnastique... Du clownesque au dramatique, de l'installation performative à l'opéra muet, l'Europe et l'Amérique se rencontrent à Montréal pour un état des lieux des arts du mime. Comme un bon acteur a l'air de ne pas avoir lu la pièce avant de la jouer, le théâtre du corps se pratique avant de s'écrire.
Depuis 1999, les Rencontres Internationales du Mime de Montréal jalonnent à un rythme triennal (2002, 2005 et 2008) le parcours d'Omnibus, de son École et des quelque 3000 artistes qui y ont laissé des traces. La 4e édition de ces Rencontres nous amène des praticiens qui ne sont pas nés de la dernière pluie : Français, Allemands, Anglais, Hollandais rendent visite aux gens du pays. Étienne Decroux, Jacques Lecoq et Marcel Marceau, figures tutélaires, pédagogues, penseurs et vulgarisateurs de l'art du corps, sans doute le plus vieux par l'idée mais le plus jeune par la forme, n'y sont plus. La diaspora vit bien son deuil et sort de ses chapelles pour manifester que son théâtre le plus substantiel met en scène le corps dans tous ses états. Caméléons sur une nappe à carreaux, toutes les formes sont désormais recevables pour les imitateurs de la réalité.