Cette pièce explore les méandres de la psyché humaine en s'intéressant au cas du caporal Lortie. Ce dernier fut responsable de la tuerie à l'Assemblée nationale du Québec, en 1984. Ce drame sert ici de prétexte pour tenter de comprendre nos rapports troubles et changeants avec l'État et la paternité. C'est le tireur fou lui-même qui laissa tomber cette phrase fameuse, qui dit presque tout sur son geste : « Mon père avait le visage du gouvernement du Québec. » Avec Lortie, Pierre Lefebvre entreprend une exploration fascinante de la généalogie québécoise.
C'est avec des moyens « low-tech » mais non moins ingénieux que la mise en scène de Lortie nous entraîne dans un univers à la fois réaliste et éclaté. Les procédés narratifs et les langages scéniques sont multiples. C'est un théâtre d'ombres, de clairs-obscurs, d'images puissantes, d'espaces distordus. La recherche sonore est au premier plan, avec l'utilisation d'un chœur de femmes : une sorte de musique où les mots viennent ponctuer l'action à la manière des chœurs grecs. La poursuite d'une démarche très intime et encore une fois expérimentale...
Pierre Lefebvre est rédacteur en chef de la revue Liberté. Il a déjà collaboré au NTE : lors de la saison 2004-2005, il nous proposait Loups, un texte à partir du cas de L'homme aux loups, une étude psychanalytique qui marque d'une pierre blanche l'histoire de cette jeune science. Cette étude fut présentée en lecture.
Auteur
Pierre Lefebvre
Mise en scène
Daniel Brière
Décor
Michel Ostaszewski
Costumes
Marija Djordjevic
Éclairages
Nicolas Descôteaux
Musique
John Rea
Vidéo
Yves Labelle
Régie
Colette Drouin
Direction technique
Christian Gagnon
Distribution
Henri Chassé, Eugénie Gaillard, Alexis Martin, Pascale Montreuil, Catherine Vidal