CODIFFUSION Espace Libre

Sur scène, un homme, confortablement installé chez lui, consent à laisser entrer un inconnu, le temps d’une averse. Mais ce dernier parle. Il parle tant que ses mots envahissent tout. Plus il parle, moins on comprend ce qu’il veut. Ce qui a toujours été clair devient tortueux, et, lentement, la parole fait couler dans l’oreille de l’hôte un venin étrange et hypnotique.
Dans ce spectacle inspiré du système carcéral du panoptique, chaque spectateur est isolé dans une cabine le temps de la représentation. Entre la scène et la salle, s’entrechoquent l’insécurité des temps présents et la dérisoire obsession de la surveillance. Bienvenue dans un microcosme : celui où vous êtes seul face aux terreurs sourdes qui sous-tendent votre quotidien.
Responsabilité individuelle et insécurité, voilà les deux paramètres de cette collaboration du Théâtre du Grand Jour avec l’auteur Étienne Lepage. Ce dernier a l’habitude de propulser sur scène des personnages ne laissant entrevoir qu’une partie d’eux-mêmes, des personnages qui ne disent pas tout, mais qui se trahissent, ouvrant les portes de gouffres terrifiants.
Le Théâtre du Grand Jour explore depuis douze ans les mutations de la responsabilité individuelle dans le contexte actuel de désagrégation de l’identité citoyenne. Les événements inclassables comme Le sommet sur l’engagement, Mai 2002 ainsi que les lectures minutieuses de textes relevant d’une dramaturgie de la virulence comme Venise-en-Québec et Autodafé d’Olivier Choinière, Cette fille-là de Joan Macleod, ou encore 2025 l’année du serpent de Philippe Ducros, Moi chien créole de Bernard Lagier et Terrorisme des frères Presnyakov en témoignent.
Le Grand Jour crée un théâtre qui, par ses conventions, fait en sorte que le spectateur ne puisse pas échapper à une forme de responsabilisation. Alors que l’économie de marché est présentée comme un phénomène « naturel », que les individus se considèrent comme des consommateurs et non comme des citoyens, que l’espace politique est trompé par l’instrumentalisation commerciale, comment utiliser le théâtre pour repenser concrètement la responsabilité de l’individu face à la collectivité?
ACTIVITÉS PARALLÈLES – L’ENCLOS DE L’ÉLÉPHANT (en savoir plus)
TABLE RONDE : L’INSÉCURITÉ, NE PAS SAVOIR
Cette table ronde abordera le phénomène de l’insécurité qui s’infiltre autant dans la sphère privée que dans l’espace public. Aujourd'hui, dans notre actualité nationale et internationale la plus chaude, en réponse à ce phénomène, nous assistons à plusieurs dérives, qu'elles soient politiques, commerciales ou religieuses. La peur des autres ou de l'inconnu érige en système la notion de propriété ou la foi en la sécurité.
Les panellistes Marie-Joëlle Zahar, Jean-Philippe Warren et Suzanne La Brie, interviendront sur la question de l'insécurité à la fois comme phénomène social, composante naturelle, instrument politique, outil mercantile ou terreau psychologique.
DISCUSSION AVEC L’ÉQUIPE DE CRÉATION
Cette discussion sera animée par Philippe Ducros, directeur artistique d'Espace Libre.
PRODUCTION
THÉÂTRE DU GRAND JOUR
COPRODUCTION
FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES
TEXTE
ÉTIENNE LEPAGE
MISE EN SCÈNE
SYLVAIN BÉLANGER
Distribution
DENIS GRAVEREAUX + PAUL AHMARANI
SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES
ROMAIN FABRE
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE
JEAN GAUDREAU
CONCEPTION SONORE
LARSEN LUPIN
ÉCLAIRAGES
ANDRÉ RIOUX
COLLABORATEURS
HUY PHONG DOAN
CAROLINE LAURIN-BEAUCAGE
DIRECTION DE PRODUCTION
MARIE-HÉLÈNE DUFORT
DIRECTION TECHNIQUE
LOUIS HÉON
PHOTO
Alexis Chartrand