Historique

 

FONDATION

1979 Trois troupes de théâtre, le Nouveau Théâtre Expérimental, Omnibus et Carbone 14, s'associent pour vivre en un même lieu et établissent les règles de leur cohabitation. Communément désignées comme troupes de recherche, c'est-à-dire travaillant chacune dans sa voie au renouvellement de l'art théâtral et à la création d'Å“uvres inédites, ces troupes se sont mutuellement choisies par effet de cousinage artistique. Ensemble, elles fondent Espace Libre et font l'acquisition de l'ancienne caserne no.19. Première tâche : transformer ce poste de pompiers désaffecté en lieu théâtral. Les huit membres fondateurs, Jean Asselin, Denise Boulanger, Robert Claing, Danielle de Fontenay, Robert Gravel, Gilles Maheu, Anne-Marie Provencher et Jean-Pierre Ronfard, mettent tous la main à la pâte.

INAUGURATION

1981 À la suite des travaux de rénovation, on assiste, en novembre, à l'ouverture d'Espace Libre avec la création des pièces IV et V de la saga Vie et mort du Roi Boiteux de Jean-Pierre Ronfard. Se succèdent ensuite, sans interruption, des créations et des événements qui font de ce théâtre un des points chauds de la vie artistique à Montréal. Y ont été créés, entre autres, Le Rail, Marat-Sade, Hamlet-Machine et Le Dortoir par Carbone 14, Alice, Le cycle des Rois, Le précepteur et Célestine par Omnibus, Le grand théâtre du monde, Durocher le milliardaire, Il n'y a plus rien et Tête à Tête par le Nouveau Théâtre Expérimental. Dès les débuts, le théâtre diffuse des spectacles de compagnies extérieures à la maison : on y voit les spectacles de Daniel Léveillé et Ginette Laurin, Pauline Vaillancourt, Charles-Mathieu Brunelle, Recto-Verso... Pionnier en la matière, Espace Libre reçoit même des productions étrangères dans le cadre de la manifestation Théâtre d'Ailleurs : le célèbre Bread and Puppet, mais aussi, de Belgique, Plank et le premier spectacle de Needcompany de Jan Lauwers ; Entracte, d'Australie ; Tenkei Gejiko, du Japon ; Ismael Ivo, d'Allemagne ; The Open Stage Obala, de Yougoslavie...

CRÉATION DU VOLET ACCUEIL

1994 Carbone 14, en raison de ses aspirations, quitte Espace Libre pour fonder et animer l'Usine C. Le NTE et Omnibus, qui restent seules à la barre d'Espace Libre, conçoivent un volet Accueil afin d'animer pleinement leur lieu théâtral. Par ce volet, Espace Libre invite des compagnies de création et des artistes à se greffer à sa programmation. Notre politique est de soutenir des choix esthétiques radicaux, des prises de paroles audacieuses tant sur l’art que sur le monde, de favoriser l'expérimentation et la recherche, le séjour plutôt que le passage, le choc artistique plutôt que la confirmation de valeurs reconnues, et finalement, le plaisir plutôt que la performance. Parmi les spectacles accueillis, nommons les créations du Pont Bridge de Carole Nadeau, de Pol Pelletier, des Éternels Pigistes, d'Ondinnok, des 20 jours du Théâtre à risque et du Festival de Théâtre des Amériques (devenu aujourd'hui le Festival Transamériques)... Très vite le volet Accueil devient une respiration indispensable aussi bien pour Espace Libre que pour le théâtre de création à Montréal. En 1999, un poste de direction artistique est créé ; jusqu'en 2002, Diane Dubeau sera la première a en assumer les fonctions.

LE GRAND CHANTIER

2001 Après vingt ans d'activités intenses où pas moins de 200 productions voient le jour ou séjournent entre ses murs, Espace Libre doit maintenant se doter d'espace et d'équipements mieux appropriés à son développement. En juin 2001, le théâtre ferme temporairement ses portes et devient chantier. Transformé et remodelé avec sensibilité, justesse et brio par l'architecte Michel Lapointe, le nouvel Espace Libre ouvre ses portes en septembre 2002 avec le spectacle d'Alexis Martin et Jean-Pierre Ronfard, Parade du temps qui passe. Plus que jamais, Espace Libre s'affiche comme lieu de création, d'essai et de laboratoire, comme théâtre où l'audace, le risque, l'aventure et le plaisir sont au programme.

EN AVANT LA LIBERTÉ !

2002 Sous le mandat de la nouvelle directrice artistique d'Espace Libre, Anne-Marie Provencher, épaulée par sa directrice administrative Caroline Lussier, l'accueil se développe autour d'artistes émergents. Des spectacles déterminants pour des artistes de la relève ont pu y être créés : Les Apatrides du Théâtre INK, Les Cabarets CLIM des Trois Tristes Tigres, Le Diable en partage du Bunker... Des propositions audacieuses comme Le Testament du couturier du Théâtre La Catapulte ou Le Baiser de Corpuscule Danse ont été également diffusées. Les compagnies résidentes, quant à elles, ne sont pas en reste. Les nouveaux directeurs artistiques du NTE, Alexis Martin et Daniel Brière, font jouer avec succès Bureaux et Henri et Margaux, tandis qu'Omnibus continue son exploration formelle avec brio dans Le Silence et L'Intimité.

2006 Olivier Kemeid arrive à la direction artistique qui, avec la complicité de Denys Caron à la direction administrative arrivé en poste en 2007, renforce le volet Accueil en élaborant une nouvelle politique de diffusion. Du statut de locateur de salle, Espace Libre s’associe maintenant aux producteurs en leur garantissant un revenu de base garanti pour une série de représentations qui s’accompagne d’un partage de revenus de guichet afin d’accroître la qualité de vie des artistes. De plus, ces dernières disposeront dorénavant d’un lieu de répétition attenant à la salle de spectacle durant trois semaines avant leur entrée en salle, et d’un appui artistique, promotionnel et administratif plus soutenu. La fréquentation des spectacles d’Espace Libre est alors en plein essor ; une formule d’abonnement souple — les Passeports — a été mise sur pied depuis quelques années et rejoint désormais de nombreux fidèles. Une volonté s’affermit, celle de bâtir une programmation qui n’a pas peur de confronter la réalité québécoise aux « remous du monde » : Moi, chien  créole, le premier spectacle de théâtre professionnel en créole au Québec est créé en 2007; Le pensionnat, en 2008, fait sa marque en traitant pour la première fois sur une scène montréalaise de la thématique des pensionnats pour autochtones et L’Énéide embrasse de plein fouet le sujet de l’émigration. Des compagnies importantes comme Momentum, TransThéâtre, L’Opsis, La Catapulte viennent créer à Espace Libre aux côtés de compagnies émergentes comme le Théâtre du Grand Jour, le Théâtre de la Pire Espèce, La Banquette arrière... Omnibus investit les lieux avec son Festival international de mime — le seul en Amérique ! — le NTE fait sensation avec sa pièce « médicale » Sacré Coeur et Hotel-Môtel présente L’Affiche qui obtiendra le prix de l’Association Québécoise des Critiques de Théâtre...

2010 Philippe Ducros, auteur, metteur en scène et directeur des Productions Hôtel-Motel, succède à Olivier Kemeid à la direction artistique d’Espace Libre.

Près de trente ans après sa fondation, Espace Libre reste un poumon essentiel de la création théâtrale au Québec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Renald Bellemare
Photo : Renald Bellemare

 

 

 

 

 

 

Photo : Georges Dutil
Photo : Georges Dutil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : François Dufresne
Photo : François Dufresne

 

 

Photo : Costa Tovarniski
Photo : Costa Tovarniski