Dans une centaine de billets qu'une coquette anonyme adresse à son amant se concentre un libertinage aussi sensuel que cérébral. [...] Ces lettres, savamment, montrent qu'elles cachent, se doublent d'une provocation au soupçon, à la jalousie du correspondant, comme on dose goutte à goutte un poison. [...] La narratrice évoque Les liaisons dangereuses par sa volonté de connaître, de maîtriser et d'instrumenter les passions de l'autre. [...] Au plus intime du désir dont elle laisse l'homme subir les ravages, la femme jouit de sa supériorité d'analyse capable de décapiter un corps. [...] À force de donjuanisme pervers, la femme française ne pourra que récolter ses propres lettres. - DANIEL BOUGNOUX
Un dialogue théâtral entre une actrice et un mime, à partir d'un roman, à partir de lettres entrecoupées de petites étoiles. Ces étoiles qui ponctuent chaque lettre d'Aragon la femme nous plongent dans le silence du temps qui passe ; elles deviennent autant de prétextes pour montrer le délire surréaliste du mime. Mouvement surréaliste, ancré dans cette période d'effervescence et de remise en question, prémisse à l'intégration de différentes formes d'expression artistique, qui a vu naître le mime actuel. La femme française explore systématiquement la démarche artistique d'Omnibus, entre l'acte et le verbe, le vu et l'entendu.
Aragon écrit La femme française* en 1923. Il y fait parler une femme avide de jouer à l'homme, de « draguer, de garder l'initiative dans les relations amoureuses ». Il y dépeint une revanche féministe, celle de la femme que la guerre a fait évoluer dans son identité et dans ses mœurs, qui a dû assumer, en l'absence des hommes, une bonne part de leurs tâches. Jean Asselin et Marie Lefebvre ouvrent cette histoire atypique pour mettre en scène la dialectique intime du corps au masculin et de la voix humaine au féminin.
* Le texte a été publié en 1997 chez Gallimard dans « La Bibliothèque de la Pléiade ».
Auteurs
Jean Asselin, Marie Lefebvre, d'après Louis Aragon
Mise en scène
Jean Asselin, Marie Lefebvre
Éclairages
Mathieu Marcil
Musique
Yves Daoust
Distribution
Pau Bachero, Louise Marleau